Budget 2022 et organismes communautaires Les ministres Carmant et Girard manquent le bateau

Le 31 mars 2022, Québec. Dans la foulée de sa dernière réaction au budget du gouvernement du Québec, la Coalition des Tables Régionales d’Organismes communautaires (CTROC) désire rectifier les faits quant aux différentes lignes politiques de la Coalition Avenir Québec.
Réunis en rencontre nationale à Québec, les membres de la CTROC réagissent fortement aux propos trompeur du ministre des Finances Éric Girard quant à l’investissement soi-disant de 1,1 milliard de dollars pour le financement à la mission des organismes communautaires autonomes. Le montant de 1,1 milliard de dollars équivaut à une addition de montants annuels. Benoit Larocque, co-porte-parole de la CTROC explique : “On a l’impression d’assister à de nouvelles façons d’établir les normes comptables, ce qui permet à la CAQ de multiplier la même enveloppe plusieurs fois pour en faire un montant mirobolant! C’est comme dire qu’une personne au salaire minimum gagne 1M$, sans spécifier que cela prendra 37 ans pour y arriver.“

Un rendez-vous manqué
De son côté, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant se démarque en faisant cavalier seul. La CTROC constate en effet qu’il est le seul ministre qui n’augmente pas significativement le financement à la mission des 3000 organismes sous son ministère. Pire encore, avec une vision en silo du travail des organismes, il vient fragiliser davantage notre milieu qui ressemble de plus en plus au Titanic. Il est faux de dire qu’un investissement de 37,1 millions de dollars en 2022-2023, de 3 millions en 2023-2024 et de 0$ pour les années financières de 2024-2025, 2025-2026 et de 2026-2027 équivaudront à un investissement gouvernemental de 197,5 millions de dollars. En fait c’est un investissement de seulement 40,1 millions de dollars, point à la ligne. Cela représente à peine 10% des besoins des groupes financés à la mission par le MSSS. Ça n’a rien d’historique.

Budget insuffisant, besoins qui restent criants
Le gouvernement caquiste laisse miroiter aux 3000 organismes que le budget 2022-2023 du Québec répondra significativement aux besoins des groupes. En fait, cela représente un rehaussement de 12 000$ annuellement en moyenne, soit 231$/semaine. “Si le 500$ était aussi offert aux personnes morales, plusieurs organismes se qualifieraient, car ils fonctionnent avec un budget ne totalisant pas les 100 000$/an, c’est scandaleux! Des groupes vont continuer de diminuer les différentes activités, voire fermer, faute d’un financement à la mission adéquat, déplore Claudelle Cyr, co-porte-parole de la CTROC.“
“Comment le ministre Girard peut-il réclamer des transferts fédéraux récurrents en santé sans condition et dénoncer un manque d’écoute, alors que lui et son collègue Carmant refusent d’en faire autant pour les organismes en santé et services sociaux?“ questionne Benoit Larocque en conclusion.

Budget 2022 et organismes communautaires Colère dans le milieu communautaire autonome: la CAQ donne des miettes pour préserver le filet social du Québec

 

Le 23 mars 2022, Maria. La Coalition des Tables Régionales d’Organismes communautaires (CTROC) réagit fortement à l’annonce de l’investissement de 117 millions pour l’ensemble des programmes de financement aux organismes communautaires autonomes du Québec dans le budget gouvernemental. Clairement, après deux années pandémiques, des années de sous-financement, et une hausse marquée de l’inflation, c’est nettement insuffisant et insultant.

“C’est inacceptable ! Le budget annonce une augmentation si minime du financement à la mission qu’elle ne suffira pas à corriger la situation. Pourtant, ce rattrapage financier aurait permis aux groupes du Québec d’avoir la base nécessaire pour un fonctionnement adéquat et pour sortir du sous-financement qu’ils vivent depuis des années. À ce stade-ci, plusieurs risquent de fermer” déplore Claudelle Cyr, co-porte-parole de la CTROC.

La problématique est encore plus flagrante au ministère de la Santé et des Services sociaux qui offre une augmentation d’à peine 10% du rehaussement demandé par les 3000 groupes financés par ce ministère, soit 37 millions comparativement au 370 millions demandés.

De plus, le MSSS annonce “des mesures spécifiques” qui ciblent certains groupes précis. “Pourquoi ne pas avoir investi ces montants dans  la mission des organismes ? Les dernières interventions du gouvernement démontrent une très mauvaise compréhension de notre fonctionnement. L’ajout incessant d’investissements ciblés pour des activités ou des services très précis ne correspond pas aux besoins des groupes qui ont une approche globale et qui s’adaptent aux besoins changeants de leurs communautés. C’est pour permettre cette souplesse qu’il est nécessaire de financer de façon récurrente la mission des organismes“, rappelle Benoit Larocque, également co-porte-parole de la CTROC.

Rappelons que la part du financement à la mission a régressé depuis 2009, au profit du financement par projet et ententes. Elle est passée en dessous de 55% en 2019. Les organismes d’ACA demandent qu’une proportion minimale de 80% soit dédiée au financement à la mission globale, par rapport aux deux autres modes de financement (RQ-ACA, 2019).

Respecter la régionalisation des services de santé et services sociaux

Pour la suite des choses, la CTROC surveillera de près la répartition des montants annoncés. Elle demande au MSSS le respect des cadres régionaux de financement qui incluent des mécanismes visant une meilleure équité entre les organismes. Benoit Larocque, co-porte-parole de la CTROC, explique : “Les ententes négociées entre les regroupements régionaux et les CISSS-CIUSSS visent à ne laisser personne de côté.  Tous les organismes et toutes les populations qu’ils rejoignent méritent un meilleur soutien. Historiquement, pour diverses raisons, certaines causes ont obtenu plus d’attention du gouvernement, ce qui en laisse d’autres de côté.“

Une occasion manquée

C’est donc une occasion cruciale qui a été manquée. Au sortir d’une pandémie ayant révélé le rôle essentiel du milieu communautaire autonome dans le maintien du filet social, la CTROC se serait attendue à une réelle reconnaissance !  Faut-il rappeler que ce filet social permet au Québec d’avoir une société égalitaire et solidaire. Cette solidarité est mise en péril par un gouvernement qui préfère gérer des crises sociales, et creuser l’écart entre les riches et les pauvres, plutôt que d’investir en prévention.